Dimanche 4 octobre - 27e dimanche du Temps Ordinaire
1ère lecture : Gn 2,
18-24
Psaume : Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-5b
2ème lecture : He 2, 9-11
Evangile : Mc 10, 2-16
- La première lecture du livre de la
Gn est tellement riche qu'il est difficile d'en résumer la portée. L'Evangile
renvoyant à la sacralité de l'amour humain manifesté dans le mariage,
fondée sur l'union trinitaire, le fil rouge sera l'amour humain image
de Dieu Trine.
- Adam est endormi lors de la création d'Eve et ignore donc son origine
: la femme, dans son altérité, reste un mystère pour l'homme. Elle ne
saurait en rien devenir un objet. - Dieu créé "à son image" l'humain "homme et femme", c'est à dire être
de relation. Briser l'union homme-femme revient donc à briser l'image
de Dieu Trinité qu'est l'union sponsale.
- Pour les divorcés, se rappeler que cette union Adam-Eve, si elle échoue,
est toujours appelée à être dépassée dans l'union Nouvel Adam - Nouvelle
Eve, qui offre une nouvelle figure de la sponsalité (celle du Christ
et de l'Eglise).
Dimanche
27 septembre 2009 (XXVI°)
-
Lecture du Livre des Nombres 11,25-29
- Ps 19
- Jacques 5,1-6
- Evangile selon St. Marc 9,38-48
-
Le fil rouge qui se dégage est celui de la Liberté de
Dieu, face à l'enfermement
des hommes.
Dieu prophétise où il veut et comme il veut (1° Lecture et Evangile).
L'Esprit souffle où il veut...
On peut faire un rapprochement avec la parabole des ouvriers de la
11° heure.
-
Une approche plus dogmatique nous porterait au thème du salut
des incroyants.
L'Esprit Saint n'est pas lié par les limites de l'Eglise institutionnelle,
comme le rappelle le Concile. Tous ceux qui le cherchent avec un
coeur droit (P.E. IV) seront sauvés.
-
Un autre thème possible est celui du zêle et de la jalousie.
-
La fin de l'Evangile offre aussi une ouverture pastorale : coupe ta
main, ton pied, ton oeil....
Tous nous voulons la sainteté, mais nous en refusons les moyens lorsqu'ils
se présentent à nous. Nous refusons la radicalité de la conversion.
Nous voulons la Gloire de la Résurrection, mais pas les souffrances
de la Passion. Nous voulons passer directement du jeudi
au dimanche, sans le vendredi !!
En parlant de la main, du pied et de l'oeil, le Seigneur semble remonter
à la source du péché. Le péché est accompli par la main (le toucher.
Pensez
à Eve saisissant le fruit), mais nous sommes portés à 'portée de main'
de l'objet du péché par nos pieds. Et eux mêmes sont guides par notre
oeil. Le péché nait d'abord dans l'oeil (la vision de l'objet convoité.
Pensez à David et Bethsabée... Ou encore à Eve, qui "vit" que le fruit
semblait bon...). L'oeil est donc la source. En hébreu, les mots sont
les proches.
Il s'agit donc de purifier l'oeil, soupirail de l'ame. Particulièrement
de toute vision impure, violente ou laide. Il s'agit de rééduquer l'oeil,
par l'art (quand il sublimait encore la souffrance humaine, et non
quand il l'exposait dans sa laideur immonde), par la contemplation
(du Saint
Sacrement, de la Croix, d'un beau paysage, d'une icone, d'un beau visage,
etc...). On peut parler du méfait de la télévision, ou pire encore
de l'image
cliquée (internet). Nous sommes devenus adorateurs de l'image de la
bête (comme dit l'Apocalypse).
(Vous pouvez télécharger la fiche ou l'enseignement sur la WebPornographie
sur ce site. Les chiffres sont édifiants...)
Dimanche
14 décembre "Gaudete".
-
Lecture du Livre d'Isaïe. 61. 1 à 11
: "Mon âme
exulte en mon Dieu. "
- Cantique de Marie : Luc 1. 46 à 54 : "Le Seigneur fit pour
moi des merveilles. "
- Lettre de saint Paul aux Thessaloniciens. 1 Thes. 5. 16 à 24
: "Rendez
grâces en toutes circonstances. "
- É
vangile selon saint Jean. 1. 6 à 28 : "Au milieu de vous
se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas. "
-
Le P. Raniero Cantalamessa explique la grande différence entre les prophètes
de l'Ancien Testament, et Jean le Baptiste. Les prophètes de l'AT annoncent
toujours un évènement à venir : catastrophe ou délivrance, châtiment
ou libération. Jean le Baptiste n'annonce pas une action de Dieu à venir
mais la présence de Dieu au milieu de nous. "Au milieu de vous se tient
celui que vous ne connaissez pas...". La statuaire le représente souvent
pointant le doigt.
Evidemment, nous sommes appelés à être des
Jean Baptiste pour ce monde, en témoignant au milieu de nous du Christ ressuscité.
Comment ?
1 - Par nos discours, mais plus encore par
nos actes, qui témoignent d'une vraie amitié avec le Christ. Le Saint Père l'a
rappelé
fin novembre (Catéchèse
du 26 nov.) : "Si l'éthique que Paul propose aux croyants ne dégénère
pas dans des formes de moralisme et se révèle actuelle pour nous,
c'est parce qu'à chaque fois elle repart toujours de la relation personnelle
et communautaire avec le Christ, pour devenir vraie dans la vie selon l'Esprit.
Cela est essentiel : l'éthique chrétienne ne naît
pas d'un
système de commandements, mais elle est la conséquence de notre
amitié avec le Christ. Cette amitié influence la vie :
si elle
est vraie elle s'incarne et elle se réalise dans l'amour pour le prochain."
Si nous nous comportons différemment des
autres, c'est à dire "en catholiques" (pardonnant, ne médisant pas, aidant les
petits
de ce monde, etc...Cf. le commencement de la première lecture...), alors nous
témoignons
de
cette
Amitié
qui
fonde
nos
vies.
2 - Par notre Joie : "Soyez toujours dans
la Joie" dit l'épitre. "Rendez grace en toute circonstances". Comme Marie dans
le Ps ( le Magnificat). Cette joie qui nous vient de la certitude que rien ne
pourra jamais nous séparer de l'amour du Père manifesté dans le Christ. Voici
quelques belles citations sur la JOIE qui nous vient du Christ :
• « Ex
persona Christi, laetitiam didici » (De la
personne du Christ, j’ai appris la joie). St Jean BERCHMANS.
•
« La joie, qui fut la petite agitation extérieure du païen,
est le secret gigantesque du chrétien. Et comme je clos ce livre
chaotique, je reouvre l’étrange petit ouvrage d’où vint
tout le christianisme et je suis de nouveau hanté par une sorte
de confirmation (…). Son pathétique [du Christ] fut naturel,
presque insouciant. Les stoïques anciens et modernes eurent l’orgueil
de cacher leurs larmes. Il n’a jamais caché Ses larmes. Il
les a montrées simplement, sur Son visage, à découvert
[…] tel le jour où il vit de loin Sa ville natale. Pourtant
il a contenu quelque chose […]. Il y eut quelque chose qu’il
cachait à tous les hommes quand il gravissait une montagne pour
prier. Il y avait quelque chose qu’il recouvrait constamment par
un silence brusque ou un isolement impétueux. Il y avait une chose
qui était trop grande pour que Dieu nous la montrât quand
il a marché sur la terre, et j’ai quelque fois imaginé que
c’était Sa Joie » (Chesterton, Orthodoxie )
•
« La joie, c’est le premier et le dernier mot de
tout l’Évangile. » Paul Claudel
• « La joie annonce toujours que la vie a réussi,
qu’elle a gagné du terrain, qu’elle a remporté une
victoire. » Bernanos
• DOSTOÏEVSKI écrit dans Les
possédés : « Tout
est bien…Tout. L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas
qu’il est heureux. Ce n’est que cela. C’est tout, c’est
tout ! Quand on le découvre, on devient heureux aussitôt, à l’instant
même…»
Dimanche 7 décembre
- Lecture du prophète Isaïe. 40. 1 à 11 : « Elève
ta voix avec force, toi qui portes la Bonne Nouvelle. »
- Psaume 84 : « J'écoute ce que dira le Seigneur. »
- Lettre de saint Pierre, apôtre. 1 P. 3. 8 à 14 :« Le
Seigneur n'est pas en retard pour tenir sa promesse. »
- É
vangile selon saint Marc. 1. 1 à 8 : "Jésus-Christ,
le Fils de Dieu".
- Le Psaume nous offre ces versets connus : "Amour et vérité se
rencontrent,
justice et paix s'embrassent ; La vérité germera de la
terre
et du ciel se penchera la justice". Le "lieu" où se
rencontrent
"Amour et Vérité", c'est la Personne de Jésus,
qui dit : "Je suis la
Vérité", et dont Jean dit "Il est Amour".
Alors son regne est un regne de "justice et de paix" (Is 9,5-7),
qui en Lui
"s'embrassent". Comment cela se fera-t-il ? Il faudra que Celui
qui dit "Je suis la Vérité" germe de la Terre
: Il s'incarnera, prendra chair de ceux qui ont été modelés de
la terre au 6° jour, et naitra dans
une grotte sous terre. La Vérité germera de la Terre. Du
ciel alors - c'est à dire du haut de la Croix (et au-delà,
du Père) - se penchera
pour nous la Justice, la justification de nos péchés. Nous
avons dans ces deux versets un autre petit 'proto-evangile"
- Grd [I,185]
developpe le symbole de l'eau ( "Je vous baptise dans l'eau.
Il vous baptisera dans le Saint Esprit").
Symbole de la vie (fleuve...) et de la mort (déluge, océan, mer...),
du sein maternel et de la tombe.
- L'eau devient avec Jésus l'un des signes de l'Esprit, qui purifie
et donne vie (fleuve d'eau vive). L'eau deviendra vin à Cana. Le vin
devient sang, lors de la dernière Cène. Et le sang devient feu de l'Esprit
à la Pentecote.
- Rz (p. 34-39)
développe lui aussi le symbole ambivalent (mort-vie) de l'eau, comme
"nouvelle naissance", "purification". Il insiste
aussi sur le personage de Jean le Baptiste (p.35) : "Nous pouvons imaginer
l'impression extraordinaire que devaient nécessairement susciter la
figure et le message du Baptiste dans l'atmosphère bouillonnante de
la Jérusalem d'alors. Enfin un prophète réapparaissait, et sa vie elle-même
était un témoignage. Enfin s'annonçait une nouvelle intervention de
Dieu dans l'Histoire (...). Nous n'avons nullement besoin de considérer
que l'indication donnée par Marc est une exagération : 'Toute la Judée,
tout Jérusalem, venait à lui...'."
- Le Jourdain marque la même ambivalence, entre une mer douce et féconde
(le lac de Galilée) et une mer salée et morte.
- Enfin, l'Evangile de Marc (le premier écrit) commence ainsi : "Commencement
de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu". Nous avons là tout
un résumé de la Révélation en quelques mots. Le Jésus de Nazareth est Christ,
et en cela Fils de Dieu. Voilà la Bonne Nouvelle qui nous concerne et commence
le jour de Noel.
Dimanche
23 novembre - Christ Roi
-
Lecture du livre d’Ezékiel. 34. 11 à 17 :"C’est
moi qui ferai paître mon troupeau, c’est moi qui le ferai
reposer."
- Psaume 22 :"Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer."
- Lettre de saint Paul aux Corinthiens. 1 or. 15. 20 à 28 :"Il
se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura
tout soumis et ainsi, Dieu sera tout en tous."
- Evangile selon saint Matthieu. 25. 31 à 46 :"Comme le berger
sépare les brebis des chèvres."
- Rz (356)
: "Le "Fils
de l'homme" qui juge s'identifie avec ceux qui ont faim et soif, avec
les étrangers, avec ceux qui sont nus, malades ou prisonniers, bref
avec tous ceux qui souffrent dans le monde, et qualifie le comportement
à leur égard de comportement à son égard à lui. Ce
n'est pas une fiction du juge universel inventée après coup. En devenant
homme, il a opéré cette identification jusqu'au détail le plus concret.
Il est celui qui n'a ni bien ni patrie, celui qui n'a pas où reposer sa
tête. Il est le prisonnier, l'accusé, et il meurt nu sur la croix.
L'identification du Fils de l'homme, jugeant les nations, avec les malheureux
de toutes sortes présuppose l'identification du Juge avec le Jésus terrestre
et montre l'unité interne entre la croix et la gloire, de l'existence terrestre
dans l'humilité et du pouvoir futur de juger le monde. Il n'y a qu'un seul
Fils de l'homme, et c'est Jésus. Cette identité nous montre le chemin,
nous montre la norme à l'aune de laquelle notre vie, un jour, sera jugée.
"
- Nous avons avec cet Evangile l'un des secrets du coeur du Père. Le Père
a un amour de prédiléction pour les pauvres, les petits, et ceux qui s'occupent
d'eux, que Jésus - LE Fils - appelle ici les "bénis de mon Père". Ces petits,
ce sont ceux que l'Ancien Testament appelle les Anawim, les
'pauvres' par l'Esprit, ("la veuve, l'orphelin, l'étranger") qui savent
qu'ils ne peuvent compter que sur Dieu, à chaque instant de leur vie, ou
plutot
de
leur survie,
tant
leur
existence
est menacée. Ils sont tout entier tourné vers le Père. Comment le Père
s'occupent d'eux ? Il ne fait pas tomber du pain du ciel, ni de l'argent.
Il utilise ses "bénis". Ceux que l'Ancien Testament appelle les "Justes".
Ceux qui ont compris quelque chose du secret du coeur du Père, et du tropisme
qu'il a pour les petits de ce monde.
- Si 4.10 : "Sois
pour les orphelins un père et comme un mari pour leurs mères.
Et tu seras comme un fils du Très-Haut qui t'aimera plus que
ne fait ta mère.". Voilà le paradoxe : il faut etre comme un
Père pour etre un Fils.
- Celui qui dit qu'il
Aime Dieu, qu'il ne voit pas, et qui n'aime pas son prochain, qu'il
voit, est un menteur. (Jn ?)
Dimanche
9 novembre
-
Lecture du livre d'Ezéchiel : 47. 1 à 12 : "Parce
que les eaux sortiront du sanctuaire.
- Psaume 45 : 2 à 10 : "Défends la vérité,
la douceur et la justice".
- Lecture de la lettre de saint Paul aux Corinthiens : 1 Cor 3. 9 à 17
:"Vous êtes le temple de Dieu, et l'Esprit de Dieu habite
en vous."
- Évangile selon saint Jean : Jn 2. 13à 22 :" Lorsqu'il
fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait
dit cela".
- Rz (p.263)
rappelle que l'Evangile de Jean est rythmé par les grandes fetes juives,
et ici
la Paques. Avec logiquement le thème du Temple, de la mort et de la Résurrection.
- Le thème de l'eau
(Ez) est également un thème très johannique (Cf. Rz, p.265s). L'eau
jaillisant du Temple dans Ezechiel - comme celle jaillissant du rocher
qu'était le Christ pour les hébreux au désert (1 Co 10,3s) - annonce
l'eau jaillisant du coeur transpercé du Temple nouveau qu'est le Christ
en
Croix. C'est
l'eau
de l'Esprit Saint, qui est la Vie et l'Ame de l'Eglise, c'est à dire
des chrétiens. Ainsi "vous êtes les temple de Dieu, et l'Esprit de
Dieu
habite en vous" (1 Co.3).
Sans cette eau de l'Esprit, nous chrétiens ne sommes
que
des
"maisons de trafic" (Jn 2,16), où nous marchandons la grâce contre la menue monnaie
de
notre prière interessée (Jn 2,15).
- Rz, p.274
: "Cette interprétation centrale qui se réfère au Christ ne peut nullement
exclure,
comme nous l'avons déjà dit, que cette phrase vaille aussi, de manière
dérivée, pour les croyants. Une expression de l'évangile apocryphe
de Thomas (10,6) indique une direction qui est conforme à celle de
l'évangile de Jean : "Celui qui boit de ma bouche deviendra comme moi"
( ). Le croyant qui s'unit au Christ, il a part à sa fécondité. L'homme
qui croit et qui aime avec le Christ devient un puits qui dispense
la vie".
Dimanche 12 octobre
-
Isaïe 25. 6 à 9
:”Le
Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples,
sur sa montagne, un festin ...”
- Ps. 22 : “Tu prépares la table pour moi...ma coupe
est débordante.”
- Phi. : 4 12 à 20 :”Mon
Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse
dans le Christ Jésus.”
- Mt. 22. 1 à 10 : “Les serviteurs
allèrent sur les chemins rassemblèrent tous ceux qu’ils
rencontrèrent, les bons et les mauvais.”
- "Le
Royaume des cieux est comparable à...". De nombreuses paraboles de Jésus
débutent ainsi, comparant ensuite le Royaume à des réalités bien différentes
: un semeur, un roi célébrant des noces, la plus petite des graines,
du levain, etc...Pourtant, à travers toutes ces paraboles se dégagent
un faisceau d'indices sur le Royaume :
1 - Il est Joie : noce du fils du roi, plus grand
des arbres où tous les oiseaux s'abritent, pain levé, récolte abondante...
2 - Il est déjà commencé, c'est à dire qu'il est
déjà là, dès cette Terre.
3 - en même temps, il est caché, peu évident parfois
(le levain, la graine...)
4 - il grandit cependant, et s'ouvre
à tous. Il est universel : comme dans la parabole de ce jour. Il est GRATUIT,
offert
SANS
CONDITIONS.
- Il est donc promesse
de la vie éternelle, arrhes du Bonheur qui sera le notre au Ciel.
Mais cependant, ce bonheur a déjà commencé : pourquoi attendre le Ciel
pour en vivre ? et être chrétien à 100 % ? La seule condition pour
anticiper ce Bonheur est ... de l'accueillir. L'homme qui est entré
dans la salle des noces - dans l'Evangile du jour - sans l'habit de
fête traduit cette attitude que nous avons parfois de compartimenter
timidement notre foi. Or la plénitude du Bonheur est déjà là : le Repas
est déjà commencé.
- DOSTOÏEVSKI l'écrit
dans Les possédés :
« Tout est bien…Tout.
L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il
est heureux. Ce n’est que cela. C’est tout, c’est
tout ! Quand on le découvre, on devient heureux aussitôt, à l’instant
même… ».
C'est cette Joie de savoir que rien ni
personne ne pourra jamais nous séparer de l'Amour de Dieu, manifesté
dans le Christ Jésus, c'est cette Joie que nous avons à apporter à ce
monde qui en a tant besoin. Nous savons qui nous sommes, où est notre
Royaume, et qui est notre Roi.
Dimanche
5 octobre
- Isaïe
5. 1 à 7 :"Pouvais-je
faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ?"
- Ps. 79 :" Que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés."
- Phi. 4. 6 à 9 : "La paix
de Dieu qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer."
- Mt 21,33-43 : "La pierre qu'ont rejetée les batisseurs est devenue
la pierre d'angle..."
- Ce
verset central sur la "pierre rejetée par les batisseurs" trouve une
application toute réelle dans le rocher du Golgotha, où la Croix du
Christ fut
dressée. Des analyses modernes ont révélées que ce petit monticule
pierreux avait été laissé au milieu de la carrière de pierre à l'époque
parce trop
friable,
et
inutilisable
aux
batisseurs.
Et
cette pierre est devenue alors le rocher des crucifixions dans la Jérusalem
de l'époque. Elle demeure maintenant encore au coeur du Saint Sepulcre
(alors que le tombeau fut rasé et pilé par Al-Hakim en 1009). Elle
est pour nous chrétiens, ce que la Tradition appelle "le
centre du monde".
La pierre d'angle.
- Cette interprétation très littérale se justifie aussi
par d'autres versets, qui se sont révélés coller aux faits historiques.
Ainsi, "ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent" = Jésus sera
tué hors des
murs de Jérusalem.
- Ce
verset sur "la pierre rejetée par les batisseurs" se rapproche aussi
du prologue
de Jean : "et la lumière luit
dans les ténèbres
et les ténèbres ne l'ont pas saisie", et du procès face
à Pilate
: "ma Royauté n'est pas de ce monde".
- Le
thème de la "vigne" est aussi bien-sûr très riche. Elle renvoie aussi
au thème du "Jardin", et du Jardin d'Eden, d'où le premier Adam fut
expulsé (comme ces vignerons indignes du don qui leur était fait).
A l'autre bout de l'économie du salut, le nouvel Adam apparait comme
un jardinier
dans
le Jardin
de
la Résurrection,
pas très
loin
de l'arbre de la croix.
- Cette
parabole enfin n'est jamais une condamnation (et surtout pas une condamnation
du peuple d'Israel, toujours élu). Elle est toujours promesse de salut
et appel à la conversion. Ainsi, les paroles des vignerons "Voici l'héritier
: allons-y ! tuons-le..." rappelle les paroles des fils de Jacob jaloux
de Joseph : "Voici le Bien Aimé : tuons-le..." (Gn 37). C'est pourtant
de Joseph que viendra pour eux le salut, plus tard, en Egypte.
Dimanche 28 septembre
-
Ez. 18 25 à 28 :" Parce qu'il a ouvert le yeux et s'est
détourné de sa faute, il vivra."
- Ps. 24 :"Oublie les révoltes, le péché de
ma jeunesse. Dans ton amour, ne m'oublie pas."
- Phi. 2. 1 à 11 :"Ayez entre vous les mêmes dispositions
que l'on doit avoir dans le Christ Jésus."
- Mat. 21, 28 à 32 :"Lequel des deux a fait la volonté du
père ?"
- La
Foi n'existe pas ! (La Charité n'existe pas non plus !). Ce qui existe, ce
sont les ACTES de Foi (/ de Charité), au delà des simples
paroles ou mêmes de
nos prières. Des ACTES de Foi : quelle
place
je
donne
à Dieu dans
mes décisions, mes journées,... face à mes incertitudes,
mes peurs,...? Le premier fils de l'Evangile, après avoir refusé d'obéir,
pose l'ACTE. Ce sont nos actes (de Foi, de Charité....) qui
resteront au terme de nos
vies
:
"Montre-moi
ta
Foi sans les oeuvres, moi c'est par les oeuvres que je te montrerai
ma Foi..." dit Jacques (ch.2). Ce que Paul confirmait déjà : "La
Foi est ACTIVE PAR LA CHARITE" (Ga. 5,6). Quel eut-été l'impact
du message d'Amour du Christ, s'il était mort... de vieillesse
? !!
- Rz (p.227-228) souligne la thématique très ancienne dans la Bible
des 2 frères (Cain et Abel, Isaac et Ismael, Esau et Jacob, ... Certes,
Jésus appelle ici historiquement la relation entre le pécheur et le
pharisien, mais à un moment où l'agir de Dieu ouvre une nouvelle Alliance
(ouverte aux pécheurs, prostituées, publicains...). Et
nous
savons bien que spirituellement nous sommes les 2 frères à la
fois, dans cette parabole comme dans celle du fils prodigue.
- un
dernier point : qu'est-ce qui touche le coeur du fils qui se repend
? Peut-être
le silence et la tendresse du Père ("Mon enfant..."), qui ne répond
pas à la violence de la réponse : "je ne veux pas". Comme pour le fils
prodigue. C'est la misericorde et elle seule qui convertit les coeurs.
Jamais le jugement, qui enferme le pécheur dans sa faute.
- Grd
ne commente pas l'Evangile. Par contre, voici un très beau texte du théologien
H.U. von Balthasar sur le fait que nous différons toujours notre
conversion... :
" Le
regard immuablement fixé sur moi semble toujours
vouloir que ce soit aujourd’hui : « C’est maintenant
justement que je veux être aimé » semble-t-il dire.
Mais je baisse les yeux et je dis : « je t’aimerai demain »
«Je viens, je viens tout de suite » crie l’enfant à sa
mère qui l’appelle, et il achève son jeu, car, sans aucun
doute, l’obéissance prévoit un délai raisonnable,
une certaine marge humaine. Qui pourrait se détacher de sa vie totalement,
d’un seul coup ?
Et s’il me faut absolument éprouver la douleur de la séparation,
je veux encore te faire cette concession: demain tu peux venir me chercher, pourvu
que tu m’accordes encore aujourd’hui seulement. Et même voici à quoi
je suis prêt : prendre sur moi ta croix, suivre ton chemin de croix station
par station jusqu’au sacrifice total, jusqu’à la mort définitive – à une
seule condition : demain. "
(BALTHASAR, Le cœur
du monde, p. 101)
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