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D o c t r i n e d e D i e u |
La réflexion des premiers siècles traduit alors le mystère dans le langage conceptuel de la philosophie, à travers les grands Conciles christologiques. Nicée (325) souligne contre Arius que le Christ est Vrai Dieu, de la substance du Père. Constantinople (381) précise qu’il est Vrai homme, assumant une humanité complète (contre Apollinaire). Se pose alors la question de l’unité de ces deux natures : Ephèse (431) souligne qu’elles ne sauraient être séparées (contre Nestorius), et Chalcédoine (451) qu’elles ne sauraient être confondues (contre Eutychès). Elles sont donc unies « selon la personne » (Cyrille d’Alexandrie), unies « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation » (Chalcédoine). Ainsi, contre ces hérésies réduisant le Mystère à l’échelle de notre compréhension, les Pères de ces Conciles usent de l’outil conceptuel dont ils disposent pour garder intact et entier le Mystère, dans sa plénitude. Vrai Dieu né du Vrai Dieu, Il est le Verbe éternel et éternellement engendré du Père, qui a assumé en toute chose excepté le péché la nature humaine complète, nature créée en Lui, à son Image. Par là, il rend cette nature capable de Dieu. C’est ainsi, et ainsi seulement que nous sommes sauvés, que nous devenons par Lui fils adoptifs du Père, dans l’unité du Saint Esprit. Cette adoption amoureuse du Père, ce « Règne qui vient », le Christ l’a obtenu pour tout homme sans exception d’une manière totale et définitive, par l’Amour qu’il manifeste au Père et à l’humanité sur la Croix. Sa Rédemption sera à travers l’Histoire appréhendée et contemplée de diverses façons : Agneau vainqueur qui ôte le péché du monde, Il traverse sa Passion victorieusement, nous libérant du péché et de la mort. Agneau immolé, il est le Serviteur souffrant qui rembourse au Père la dette incommensurable de notre péché, et rétablie (satisfactio, reparatio) dans sa chair l’équilibre perdu (Anselme, Thomas). Grand Prêtre d’une Alliance Nouvelle et Eternelle, il re-présente Dieu dans les éloignements les plus profonds que cause le péché, se « faisant péché », se substituant au pécheur, habitant toute ténèbre afin qu’elle ne soit plus ténèbre devant Dieu (Balthasar). Enfin, bon Pasteur, Il sauve par l’Amour qu’il manifeste d’une façon ultime et définitive sur la Croix, cet Amour qui guérit, libère et transforme. La
réflexion contemporaine propose alors à une réflexion
plus ouverte sur les questions modernes de christologie, les éclairant
d’une nouvelle compréhension de la Personne du Verbe. Qu’est-ce
qu’une Personne ? Le terme est trinitaire avant
tout, signifiant ce qui en Dieu est Trois. Mais précisément,
en Dieu, les noms de Personnes sont des noms de relations (Augustin,
Tolède XI…). Une personne serait donc un nœud de
relations, une unité de relations, une relationalité.
Dans le Christ, l’unité des deux natures « selon
la Personne » y trouve donc une dynamique : sa Personne
est mouvement des natures divines et humaines l’une vers l’autre. Le
Verbe se livre pleinement dans la nature humaine qu’Il assume
(et ainsi sauve), et la Personne de Jésus Christ est toute
entière tournée vers le Père, dans l’Obéissance.
La formule de Chalcédoine y trouve alors une dynamique, et
les grandes questions christologiques peuvent être revisitées.
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