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e r m é n e u t i q u e T h é o l o g i q u e |
Le rapport Ecriture-Tradition n’est donc plus vu de manière binaire, mais il vit d’une réciprocité mystérieuse dont l’unité vient de l’Esprit Saint. Ecriture et Tradition forment un tout – le « Dépôt sacré » de la Foi, partageant la même source (l’Esprit Saint) et la même fin (DV 9). L’Ecriture n’épuise donc point la Révélation (DV 9. FR 55). Dans l’Eglise « qui croit et qui prie », souffle l’Esprit, et le « Dépôt de la Foi » s’enrichit sans cesse de la Tradition ainsi renouvelée, et toujours fondée sur l’Ecriture qu’elle explicite. La Tradition est donc un critère herméneutique pour la Vérité doctrinale de l’Ecriture. Comment discerner la Tradition (parmi les traditions) ? L’Esprit Saint permet ce discernement, et aide à garder le « Bon Dépôt » (2 Tm 1,14). Il introduit l’Eglise dans la « Vérité toute entière » (Jn 16,13), par l’intermédiaire des Apôtres et de leurs successeurs, qui transmettent ce qu’ils ont reçus, mais aussi par l’intermédiaire du peuple chrétien tout entier, oint par l’Esprit, et qui dès lors ne peut faillir dans la foi (LG 12 sur le sensus fidei). Comment
interpréter l’Ecriture ? Dei Filius insiste
encore sur Dieu comme Auteur et pas seulement Inspirateur et Garant de
la sainteté de l’Ecriture. Mais dans le siècle
qui sépare les conciles Vatican I et II, l’hagiographe
ou écrivain sacré trouve peu à peu sa place
: instrument, membre, cause instrumentale, organe de l’ES,
instrument vivant et doué de raison… DV 11 appelle
alors ces hagiographes « vrais auteurs ». La
théologie se fortifie, s’affermit et
se rajeunit sans cesse au contact de l’Ecriture, qui
est alors comme son âme (DV 24). |